Historique du Club Sportif de Fontainebleau

La période historique

A Fontainebleau au lendemain de la premiere guerre mondiale, il n'existe d'activités sportives que dans les sports "chics" : Tennis, Equitation, Golf et dans les sports paramilitaires.
Des gens enthousiastes et amoureux du sport créent le 25 Octobre 1919, le Club Sportif de Fontainebleau afin de pratiquer en groupe des activités dites "populaires".
Dès le 22 février 1919, Monsieur Bonnet, Maire de Fontainebleau souhaite, ainsi qu'il ressort d'une délibération au Conseil Municipal, établir un projet visant à créer un parc des Sports au Lieudit le Grand Parquet, afin d'offrir au plus grand nombre la pratique des sports.
A cette époque, les sportifs bellifontains s'adonnent au Cross-Country, au Football, au Cyclisme et à la Boxe. Le C.S.F. dispose d'un seul terrain de football sans vestiaire, sommairement entouré. L'effectif permet de constituer quatre équipes (équipe première, réserve, cadets et minimes).
En 1921, les élèves officiers de l'Ecole d'artillerie, sous l'impulsion du colonel Arabeyre, crée une section de Rugby.

L'ère Martinel

L'année 1926 est pour le C.S.F. une année miracle. En effet, le C.S.F. inaugure son premier complexe sportif au lieudit "La Faisanderie" là où l'on élevait les faisans avant de les chasser en forêt. La municipalité, sur l'insistance du Président Sangeorges, aidera le C.S.F. par une subvention de 5000 Frs en 1927, pour l'achat de matériel et l'aménagement du terrain de football. Les sportifs mettront la main à la pâte pour aménager le stade et des sponsors apporteront leur aide. C'est ainsi que la maison Goulard construira une piste de 120m à 4 couloirs et la Compagnie des Tramways offrira en guise de vestiaire une salle d'attente.
Mais l'événement essentiel est l'arrivée à Fontainebleau de Lucien Martinel, en provenance d'Auxerre. Apprenti mécanicien sans travail, il obtient de M. Fèvre, vice-président du Club, un poste au C.S.F. en qualité de responsable de l'équipement sportif.
Tout le monde connaît la carrière exceptionnelle de Lucien Martinel, dit le Marquis, au sein du C.S.F., qui se terminera en 1979 : il est partout, il pourvoit à tout avec une égale humeur. Après la seconde guerre mondiale, il sera Président du C.S.F. Aujourd'hui, le gymnase porte son nom.
Au cours de l'année 1928, il crée la section Basket dont les exploits furent nombreux. Il organise de nombreux tournois, il reçoit en stage l'Equipe de France sur le terrain construit au Stade de la Faisanderie.
En 1930, le C.S.F. compte 96 membres pratiquant le Football, le Rugby, l'Athlétisme, le Basket et la Culture physique.

La seconde guerre mondiale

Après l'armistice de 1940, la pratique sportive reprend et l'Etat Français intervient directement pour inciter la jeunesse à la pratique du sport. C'est ainsi que par fusion des groupements sportifs naît le Cercle des Sports de Fontainebleau. La priorité du commissariat général aux sports est le développement de l'équipement sportif.
En Septembre 1940, Jacques Louis Dumesnil, Maire de la ville, reprend le projet de parc des sports du lieudit "La Faisanderie" déjà établi en 1919 par le Maire Bonnet. Ce projet comprend la restauration du stade de football, l'aménagement d'une piste de 400m, la création d'une salle de réception, d'une bibliothèque, d'un dortoir pour visiteurs, d'un coût de 4 700 000F. On croît rêver, mais une ordonnance gouvernementale du 2 Juillet 1942 interdit tous travaux supérieurs à 100 000F.
Concernant le C.S.F., le programme se limitera à la piste de 400m et à la création d'un dortoir. Mais la créativité du Marquis permettra de créer une piscine dans un abreuvoir désaffecté rue d'Avon. La municipalité accordera une subvention de 12000F pour rendre l'abreuvoir utilisable et en Juillet 1942 sera créée la section natation: des championnats de Seine et Marne s'y disputeront.
Après l'armistice de 1940, le Tennis de France (Rue Henri Chapu) est abandonné par l'armée. Martinel s'en empare et en fait une des salles de Basket de Seine et Marne, avec chauffage s'il vous plaît ! : qui ne se souvient des braseros allumés l'hiver dans la salle dont la fumée piquait les yeux mais réchauffait le coeur.
Pendant l'occupation, le Marquis organise nombre de réunions d'athlétisme et de cross country. Sous l'impulsion de Pierre Frichet se crée la section Tennis de Table qui jour dans le magasin d'exposition du garage Merot (encore un grand du sport bellifontain). On se déplace en gazogène prêté par la garage Junguenet.
Après la Libération pour le programme d'équipement du Cercle Sportif de Fontainebleau, l'Etat allouera 50000F pour l'aménagement du Stade de la Faisanderie.
Les associations sportives ayant fusionné sous l'Etat Français sont en principe frappées de nullité. Le Cercle des Sports de Fontainebleau se désagrège et le Club Sportif de Fontainebleau retrouve son indépendance.
Toujours aussi actif, le Marquis, avec le concours des prisonniers allemands, construit une petite piscine sur le stade en bout des terrains de basket.

L'après guerre

De la Libération à nos jours, le C.S.F. se développe à toute vitesse. Les infrastructures se multiplient. Le gymnase Martinel, les nouveaux terrains de football, leur éclairage, les tribunes, la piste en résisport, 11 terrains de tennis, la création d'une 2 salle a Chapu ; puis la rénovation de l'ensemble, la création d'une salle de Judo, la couverture de 4 courts de tennis, la construction de la piscine, de la Maison des Sports.
Toutes ces infrastructures sont rendues nécessaires par l'accroissement des effectifs :
En 1945, l'Escrime réapparaît ; en 1949 création de la section Hand Ball à 11 : en 1961, naissance de la section Judo ; en 1966 la Gymnastique Volontaire voit le jour ; en 1976 c'est le tour du Volley Ball, du Tennis et du Hand Ball à 7; en 1995, l'Ecole Multisports adhère au C.S.F.
Après le retrait du Football, de la Natation, du Vol à Voile et du Base Ball, le C.S.F. se compose de 12 sections sportives et compte environ 2500 adhérents.
Tous les Présidents qui se sont succédés à la tête du C.S.F. en ont fait, avec l'appui et l'aide de la municipalité, un Club dynamique aux performances certaines. Et parmi les principaux, on peut citer : M. Sangeorges, Sedack, et plus récemment, M. Mérot, Véron, Merger, Van Den Bussche, Bernier et Renard. Mais l'animateur principal et le plus prestigieux restera Lucien Martinel dit "Le Marquis".